Press

2025
2024
2023
2022
2020-2021
2019
2018
2017
2016
2015
2014
2013
2012
2011
2010
2009

 JULY 2021

ARTICLE N°280 / LE REPUBLICAIN LORRAIN

Read full article (text version) Source :LE REPUBLICAIN LORRAIN / This article is reproduced for archival purposes. RÉGION LORRAINE Jeudi 15 juillet 2021 PAYS DE PHALSBOURG Didier Wolff personnalise les avions à la demande Il exerce un métier peu commun : il personnalise les avions privés. Le Mosellan d’adoption Didier Wolff parcourt ainsi le monde au gré des commandes, faisant valoir sa créativité et son sens du détail. Car, même sur un avion de 80 mètres, les peintures décoratives se posent au millimètre. Il a créé un métier qui n’existait pas. Le Mosellan d’adoption Didier Wolff est un artiste peu commun. Il s’est spécialisé dans la décoration extérieure individualisée d’avions. Ses clients ? De riches propriétaires de jets privés qui veulent se distinguer avec une peinture personnalisée, des compagnies aériennes qui organisent une opération marketing particulière, des constructeurs proposant un service supplémentaire à leurs clients, ou des armées de l’Air qui célèbrent un événement. Des planches aux pinceaux L’Alsacien de naissance installé à Hultehouse, dans les montagnes du Pays de Phalsbourg, ne manque pas de sollicitations, venant de toutes les parties du globe. Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. Car en 2009, lorsqu’il a commencé à proposer ses services de designer aéronautique, beaucoup le prenaient pour un hurluberlu. Mais il a fallu qu’un client du Moyen-Orient lui fasse confiance pour qu’il devienne rapidement incontournable. Depuis, son entreprise Happy Design Studio ne connaît pas de temps mort. Rien ne destinait particulièrement Didier Wolff à côtoyer le monde fermé de l’aviation de prestige. « Je me suis toujours intéressé à tout », explique l’homme de 55 ans. Élève des Arts décos de Strasbourg dès ses 15 ans, le faisant le plus jeune élève de l’école, il a vécu plusieurs vies. La plus longue a duré 13 ans, durant laquelle il a arpenté les planches des salles de théâtre parisiennes. Il s’est aussi penché sur le dessin, la photo, la sculpture, la peinture, expérimentant, en vrai touche-à-tout, de nombreuses techniques. Mais avec toujours une obsession : « j’ai toujours aimé travailler en grand ». Une référence mondiale Le virage de sa vie professionnelle s’est joué en 1998. « La compagnie aérienne British Airways avait lancé un appel à projets auprès d’artistes du monde entier pour personnaliser la queue des appareils de sa flotte, se souvient-il. J’ai candidaté, mais je n’ai pas été retenu. J’en ai été très frustré, et ça a longtemps trotté dans ma tête. » Une autre question lancinante le taraudait aussi : « Pourquoi se contenter de décorer la dérive d’un avion, alors qu’on pourrait le personnaliser entièrement ? » Il aura fallu quinze ans à Didier Wolff pour mûrir son projet, et lancer son entreprise. « J’ai créé divers projets, et j’ai commencé à prospecter dans l’industrie aéronautique et à arpenter les salons spécialisés. Mais les débuts ont été difficiles. Au salon du Bourget, où je m’étais rendu pour mesurer la température, beaucoup me regardaient de haut ! » Car le créneau, à l’époque, n’existait pas, et peu y voyaient de l’avenir. « Il a fallu convaincre les propriétaires et les constructeurs », assure le créateur. En France, souvent, les propriétaires de jets privés souhaitent rester le plus discrets possible, et veulent un avion intégralement blanc. Mais ailleurs dans le monde, où la personnalisation permet d’exprimer sa personnalité et sa différence, l’idée a fini par séduire. En 2010, un client de Dubaï, ayant remarqué le travail de Didier Wolff, au gré notamment de compétitions internationales, a fait appel à lui pour personnaliser un Zeppelin. Le projet est toujours en cours, mais il a permis au designer de lancer un contrat en appelant un autre. Depuis, d’autres (rares) designers aéronautiques, suivant ses traces, se sont révélés. Mais le Mosellan reste une référence mondiale. Pour chaque projet, Didier Wolff part d’une feuille blanche. La première étape consiste en la prise en compte des attentes du client. Puis viennent l’étude approfondie et la modélisation de l’appareil à décorer. « Chacun a sa personnalité, ses signes distinctifs, assure-t-il. Ces éléments vont forcément impacter le résultat final. J’envoie autant de propositions au client qu’il en demande. On part d’une dizaine de pistes de travail, qui peuvent aboutir jusqu’à 300 variations, pour arriver à satisfaire la demande de chaque client. » « Ma galerie, c’est le ciel » Ensuite, la concrétisation du projet est confiée à un atelier de peinture spécialisé. Il en existe un peu partout dans le monde : la peinture d’un avion est à refaire en moyenne tous les six ans. Le tout se fait sous la surveillance continuelle de Didier Wolff. « Le moindre détail compte. La mise en peinture peut prendre trois semaines, et je suis présent avec les équipes de peintres à chaque moment. La minutie et la précision sont indispensables, pour que tout soit parfait. » Un travail au millimètre des plus complexes. « Il faut que l’avion, qui est un support tridimensionnel, soit beau. Quelle que soit la perspective. » L’exercice est loin d’être monotone. « Aucun projet ne se ressemble », se félicite-t-il. Didier Wolff en tire aussi une reconnaissance certaine. « Je travaille sur des appareils d’exception. C’est une chance inouïe. Et je suis l’artiste dont les uvres voyagent sans doute le plus haut. Ma galerie la plus merveilleuse : c’est le ciel lui-même. » Vincent DEBRAINE
Didier Wolff : personnaliseur d’avions Il exerce un métier peu commun : il personnalise les avions à la demande de leurs propriétaires. Le Mosellan d’adoption Didier Wolff parcourt ainsi le monde au gré des commandes, faisant valoir sa créativité et son sens du détail. Car, même sur un avion de 80 mètres, les peintures décoratives se posent au millimètre.

 APRIL 2021

ARTICLE N°279 / OR STANDARD

Read full article (text version) Source :OR STANDARD / This article is reproduced for archival purposes. DOSSIER — QU’ES-TU DEVENU ? Rédaction : Jean-Luc Fournier Photographie : Sébastien Brillas — Sébastien Ognier — DR Didier Wolff « J’expose toujours dans le ciel, d’un continent à l’autre… » Une des plus inattendues découvertes… Or Norme. Dans notre n°13 de juin 2014, nos lecteurs apprenaient l’existence d’un de ces hommes atypiques que nous avons toujours adorés présenter. En titrant le papier « Le rendez-vous avec soi-même », il nous avait semblé être tout à fait raccord avec le personnage, tout entier tourné vers l’accomplissement personnel. Sept ans plus tard, l’aventure continue, sur la même belle fréquence… Le papier racontait une belle aventure personnelle, l’ennui de jeunesse sur les bancs du collège et du lycée, puis les Arts Décos (plus jeune élève de France à être reçu) avant d’en claquer la porte très vite (trop académique !) puis l’école de théâtre à Paris avec Annie Girardot et Philippe Léotard comme profs, l’écriture de scénarios de films avant un retour au dessin et à la peinture. Enfin, le déclic ultime, la révélation : je vais dessiner et décorer les carlingues des jets ! British Airways n’ose pas prendre le risque mais Didier Wolff, qui découvre la 3D en même temps qu’il devient auxiliaire de vie scolaire à Mundolsheim, décide de vraiment se donner les moyens de vivre son aventure personnelle dans l’aviation. En 2014, son Happy Design Studio surfait sur le succès, des projets plein les cartons… C’est désormais dans le Parc naturel des Vosges du Nord, à 45 minutes de Strasbourg, que Didier Wolff exerce son activité. Alors Didier, toujours fidèle au rendez-vous avec toi-même ? La réponse fuse : « Oh oui ! Plus que jamais. Il y a un peu plus d’un an de cela, je me suis dit que ça faisait dix ans que j’étais dans tous les aéroports du monde et qu’il fallait donc que je pense un peu plus à moi. J’avais en tête une sorte d’année sabbatique, le temps de me poser au vert, de dénicher une maison qui me ressemble. Le déménagement s’est juste effectué quand le premier confinement est arrivé… du coup, j’en ai profité pour remettre mes priorités dans l’ordre en prenant mon temps. Peu de temps après j’ai déniché la maison, puis quitté la ville pour un endroit dans la montagne où je ne sais plus en regardant par la fenêtre si on est lundi, mercredi ou dimanche et c’est parfait comme ça. Ces dix dernières années, j’avais passé mon temps à embellir des avions et là, j’embellis ma maison et mon jardin. Je suis complètement libre, formidablement libre… » Pour autant, Didier reste très passionné que nous avions rencontré, toujours à la tête de son cher Happy Design Studio : « À l’évidence, depuis que le virus est arrivé, l’industrie aéronautique s’est immédiatement mise en pause » commente-t-il. « Mais j’y garde un pied malgré tout. J’ai récemment été nommé “peintre des Armées”, une sorte de petite congrégation officielle qui a décidé d’accueillir tous ceux qui font notre métier décorateur d’avions. Malgré les tensions économiques et sanitaires, j’ai affiné des projets qui sont plutôt des concepts et qui vont me permettre, dès que la situation se rétablira, de multiplier les propositions de designs très innovants auprès de mes clients. Depuis notre rencontre il y a sept ans, la profession est devenue très concurrentielle. Bien sûr, il y a toujours les compagnies aériennes traditionnelles qui ont besoin de travailler le design de leurs carlingues mais c’est surtout au niveau de l’aviation d’affaires que le marché s’est ouvert. Beaucoup plus sur l’aspect extérieur des avions qu’ils commercialisent, après n’avoir été focalisés que sur l’intérieur des cabines depuis des décennies. Aujourd’hui, ils ont découvert qu’un avion peut être reconnu aussi par sa déco extérieure. Ils soignent un peu plus le sujet. D’autre part, les traditionnels designers d’intérieur des carlingues sont venus eux aussi sur nos métiers. Bon, ceci dit, ça ne change rien à ma façon de travailler, mon objectif que j’avais largement atteint reste le même, relever le défi de travailler des carlingues d’avion d’une façon audacieuse à des décos de plus en plus complexes pour le bénéfice de clients ayant cette même audace et qui aient envie de se différencier de tout ce qui existe. Ces dernières années, j’ai pu réaliser des choses tout à fait dingues, dans ce sens. Ce souhait reste très actuel… et c’est pourquoi je suis toujours aussi passionné par le volume sur ce fantastique terrain de jeu, cette toile tridimensionnelle volante comme je le dis souvent. J’aime bien cette vision poétique. Au lieu d’exposer dans une galerie, j’expose dans le ciel, d’un continent à l’autre… » Didier Wolff reconnaît volontiers qu’au fil de ces dix ans, son il s’est affûté, son style a beaucoup mûri et qu’il a fini par faire beaucoup moins de concessions face à une connaissance devenue très fine de « l’objet-avion ». « Je sais d’avance ce qui aura l’air bon en déco, de trois-quarts avant ou de… »trois-quarts arrière, dessus, dessous… Je l’imagine complètement avant même de débuter sa réalisation. » Avant de conclure en avouant qu’il aimerait beaucoup travailler un jour avec une cliente femme : « Parce que je pense sincèrement que cela aurait une incidence sur ma façon d’aborder et réaliser le projet… » « Ces dernières années, j’ai pu réaliser des choses tout à fait dingues… » — Didier Wolff Nous nous apprêtions à boucler ce numéro de Or Norme quand, par SMS, Didier Wolff nous a appris la mort brutale d’Olivier Dassault dans le crash d’un hélicoptère, en Normandie. Effondré par la nouvelle, il se souvenait qu’à ses débuts, l’industriel lui avait confié la décoration de son Falcon personnel. Un très beau lien s’était créé entre les deux hommes, Olivier Dassault lui confiant de nouveau la décoration de son Falcon 900 l’an passé. « Il était devenu comme mon parrain. C’était un homme génial et attachant » nous déclarait Didier Wolff quelques minutes après avoir appris la triste nouvelle.
Didier Wolff : “J’expose toujours dans le ciel, d’un continent à l’autre”. Après les Arts Déco, une école de théâtre à Paris, l’écriture de scénario puis un retour à la peinture et au dessin, Didier Wolff se lance dans le dessin et la décoration de carlingues d’avions. Toujours à la tête de son entreprise Happy Design Studio, Didier explique que la marché a bien évolué en 7 ans. Après le covid et la mise en pause de l’industrie aéronautique, la profession est aujourd’hui plus concurrentielle. Les constructeurs ont découvert qu’un avion peut être reconnu aussi par sa déco extérieure. Les traditionnels designers de l’intérieur des avions sont aussi venus sur nos métiers de design d'extérieur d’avions. “Au lieux d’exposer dans une galerie, j’expose dans le ciel, d’un continent à l’autre”

 FEBRUARY 2020

ARTICLE N°276 / ULTIMATE JET MAGAZINE

Read full article (text version) Source : ULTIMATE JET MAGAZINE / This article is reproduced for archival purposes. A French symbol for Happy Design Studio New converted livery for Happy Design Studio and its founder, Didier Wolff, who expressed all his talent on the curves of a Falcon 900. Known as Thermidor, this new livery brings together French skill and know-how. Back on a particularly demanding project. Nouvel essai transformé pour Happy Design Studio et son fondateur, Didier Wolff qui a plaqué sa création sur les courbes d’un Falcon 900. Dénommée Thermidor, cette nouvelle livrée réunit à elle seule l’habileté et le savoir faire à la française. Retour sur un projet particulièrement exigeant. By Frédéric Vergnères © Sébastien Brillas – Frédéric Vergnères Olivier Dassault, owner of the trijet, symbolizes and promotes political, entrepreneurial, man, in turn first cooperation with Didier Wolff. Indeed, Marcel Dassault’s favorite grandson had already asked Happy Design Studio to produce the livery for his former Falcon 10 in 2011. Almost ten years after this first experience, Dassault wished that the Strasbourg designer draws the livery of his new business jet, a livery outside the norms, probably summarizing a more personal part of his multifaceted life. At the crossroads of worlds It is in this context that Didier Wolff drew the first sketches of this resolutely “Frenchy” design. Working with a man like Olivier Dassault undoubtedly remains an experience apart, and the values he vigorously defends must have found their place as naturally as possible on this giant canvas. For his first draft, Didier Wolff insisted to put blue, white and red references on this plane; by explaining that this project was literally at the crossroads of business aviation and military aviation, but also at the bearer of Olivier’s values before adding: “The finalized design reflects fully the ideals of a man proud of the Rafales and the Mirages. Some typographic notes and clues evoke the name Dassault historically linked to the military universe, the colored bands obviously referring to the French Republic and the mandate of the elected official. Like a work, the paint scheme imposes a sense of reading from the front of the plane, clearer, towards the rear, in other words from business aviation to military aviation, the two universes being thus linked by a deliberately smooth transition,” underlines Didier Wolff. “To face” This decoration carries in itself a number of symbols, “I worked on it just as if I worked on the French Republic Falcon, as their characteristics are close. It is the culmination of long hours of reflection and the fruit of a compilation of half a dozen projects submitted to the owner. Even if Olivier did not give me any particular instructions, he validated every intuitively designed project in which he simply recognized himself. Although he hesitated between two other more neo-retro proposals, the Thermidor livery imposed itself naturally,” notes the designer before adding: “Once again, be attentive to the clues sewn by my clients remains the common thread in the creation of my works. It’s a fairly long process, driven by curiosity and information-seeking. With this approach, customizing the livery makes sense.” Didier Wolff opts for lines surrounding the air intake of the engine nacelles. “This is an option that I love and that has been in my drawers for over twenty years because it gives a lot of personality to an aircraft. Like rings encircling the front of the engines, these rings are perfect for facing a name, a motto. For Olivier Dassault who inscribes ‘To face’, the motto of the French Air Force Academy from which Olivier Dassault comes.” Like the engine nacelles, each detail comes together logically like the elements of a giant puzzle: “The original livery was slightly more contrasted. I chose to lighten the colors so that the inscriptions are visible without imposing. Only the three-color bands extracted from the flag, including a reference of perfectly pure white, unique in the color charts available in aeronautics. The other important aspect for me was the lateral perception of blue, white and red on the plane in profile. When we see the plane in profile, the three-color stripes seem perfectly balanced in terms of their dimensions, as if each was the replica of the other,” emphasizes the designer. Olivier Dassault, propriétaire du triréacteur, symbolise et valorise cette France ingénieuse. L’homme, tour à tour politique, entrepreneur, pilote et collectionneur, n’est pas à sa première coopération avec Didier Wolff. En effet, le petit-fils préféré de Marcel Dassault avait déjà demandé à Happy Design Studio de produire la livrée de son Falcon 10 en 2011. Presque dix ans après cette première expérience et l’acquisition d’un nouvel appareil, Olivier Dassault a souhaité que le designer strasbourgeois lui dessine une autre livrée, hors normes, résumant sans doute une part plus personnelle de sa vie aux multiples facettes. À la croisée des regards C’est dans ce contexte que Didier Wolff a tracé les premières esquisses de ce design résolument « Frenchy ». Travailler avec un homme tel qu’Olivier Dassault reste sans aucun doute une expérience à part, et les valeurs qu’il défend avec vigueur devaient se trouver à leur place le plus naturellement possible sur ce géant canevas. Pour sa première ébauche, Didier Wolff insistait à poser du bleu blanc et du rouge sur cet avion tout en expliquant que ce projet était littéralement à la croisée de l’aviation d’affaires et de l’aviation militaire, mais aussi porteur des valeurs d’Olivier avant d’ajouter : « La livrée finalisée est un pont confortable à la vision idéale que je faisais de ce projet. Le plan de peinture emprunte les variations de gris utilisées sur le Rafale ou le Mirage. Quelques notes et indices typographiques évoquent le nom Dassault historiquement lié à l’univers militaire, les bandes colorées évoquant évidemment la République française et le mandat de l’élu. À l’instar d’une uvre, le plan de peinture impose un sens de lecture de l’avant de l’avion, plus clair, vers l’arrière, autrement dit de l’aviation d’affaires vers l’aviation militaire, les deux univers étant reliés par une transition délibérément douce », souligne Didier Wolff. « Faire face » Cette décoration porte en elle nombre de symboles. « J’y ai travaillé tout comme je travaillerais sur le Falcon de la République française tant leurs caractéristiques sont proches. Elle est l’aboutissement de longues heures de réflexion et le fruit d’une compilation d’une demi-douzaine de projets soumis au propriétaire. Même si Olivier ne m’a donné aucune consigne particulière, il a validé chaque projet conçu intuitivement dans lequel il s’est simplement reconnu. Bien qu’il ait hésité entre deux autres propositions plus néo-rétro, la livrée Thermidor s’est imposée naturellement », note le designer avant d’ajouter : « Encore une fois, être à l’écoute des indices semés par mes clients reste le fil conducteur de la création de mes uvres. C’est un processus assez long, mû par la curiosité et la recherche d’informations. Sans cette démarche, la personnalisation de la livrée n’a aucun sens. » Didier Wolff a repris l’idée d’anneaux entourant l’entrée des nacelles moteurs. « C’est une option dont je raffole et qui est dans mes tiroirs depuis des années car elle donne beaucoup de personnalité à un avion. Comme des bagues encerclant l’avant des moteurs, ces anneaux sont parfaits pour accueillir un nom, une mention », insiste Didier Wolff qui y inscrit la devise « Faire face », celle de l’École de l’air dont est issu Olivier Dassault. À l’image des nacelles moteurs, chaque détail s’assemble de façon logique comme les éléments d’un puzzle géant : « La livrée originale était légèrement plus contrastée. Alors j’ai choisi d’alléger les couleurs pour que les inscriptions soient visibles sans s’imposer. Seules les bandes tricolores extraites du spectre colorimétrique ont été réalisées avec les teintes exactes du drapeau français, dont une référence de blanc parfaitement pur, unique dans le référentiel des teintes blanches disponibles en aéronautique. L’autre point important pour moi était la perception latérale du bleu, blanc et rouge. Lorsque l’on découvre l’avion de profil, les bandes tricolores semblent parfaitement équilibrées du point de vue de leurs dimensions, comme si chacune était la réplique de l’autre », souligne le designer. But this step, which was also a technical feat (and physical during masking), alone required several hours of millimeter adjustments in order to play in trompe-l’oeil with the fuselage curves so that the three shades of the dominant grey could dominate the set. This work on the colors was demanding, as was the livery design. In order to affirm the Dassault lineage, Didier Wolff wanted to reproduce the movement characteristic of the manufacturer’s official livery on the Falcon range so that the aircraft has a certain symmetry. This approach complicated the implementation of the long dark grey curve that runs throughout the fuselage because it was done by hand and without stencil. It was through patience and observation that I found the right dosage so that the curve naturally tapered towards the front cone and narrowed to the extreme. The same technique was used on the winglets, which despite their complex shapes were easier to hide thanks to their human size,” concludes Didier Wolff. In addition to applying the paint and finishing work, Didier Wolff would also like to salute the performance of the teams at the painting workshop, who carried out “an exceptional work of preparation especially by sanding each layer in order to smooth the staircase effect. Hardly visible at first sight and with no notable impact on aerodynamics, this effect which is however noticeable to the touch, has been completely annihilated by successive sanding and buffing, giving the aircraft an extremely smooth finish whatever the painted areas.” Eleventh French republican calendar This livery was developed in a few months using 3D software during the summer of 2019. After a stay for scheduled maintenance at Dassault Falcon Service (DFS) at Le Bourget airport, the Falcon 900EX joined the Satys paint shops close to DFS. The painting job having taken place during the summer, Didier Wolff had the idea of baptizing his livery “Thermidor”, in reference to the eleventh month of the French republican calendar, which ran from July 19 to August 17. The scorching summer of 2019 was an additional constraint, forcing the painters to adapt their planning daily. “The chemical reaction of paints and varnishes at high temperatures required working at night or very early in the morning when the air was coolest,” explains Didier Wolff who admits to have been fortunate to be assisted by teams listening to him. It is true that the prestigious nature of this complex project has stimulated and valued the recognized competence of the contributors, DFS for maintenance, Satys for painting and Jet Eval, the aircraft operator acting on behalf of the owner. According to the artist: “All have greatly contributed to surpassing current standards and highlighted a know-how often abandoned today in favor of a certain yield.” On this project « even the hidden or barely visible parts of the aircraft have been particularly cared for » insists Didier Wolff. In total, the Thermidor project has required approximately 2,600 work hours and more than 300 liters of paint and varnish have been used. This unique experience also allowed the designer, for the first time in his career, to be invited to fly aboard the plane customized by himself, to go and attend the reception of the aircraft by Olivier Dassault. “It was an intense and exceptional moment to observe the reaction of the owner discovering for the first time the exterior decoration of his aircraft.” In addition to this unforgettable moment, the Thermidor concept has also allowed the founder of Happy Design Studio to be admitted to the very closed community of “Peintres de l’Air” (Air painters). This is the first time in its history that this prestigious French Air Force institution welcomes a designer.

Press

2025
2024
2023
2022
2020-2021
2019
2018
2017
2016
2015
2014
2013
2012
2011
2010
2009